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Turquie : Les manifestants ne lâchent pas prise devant un pouvoir toujours ferme
-Mohammed Réda BRAIM-
Istanbul- Les manifestants, qui ont battu le pavé pendant plus de deux semaines dans plusieurs villes turques, semblent ne pas lâcher prise, depuis que les autorités turques aient pris le contrôle de la place Taksim à Istanbul, haut lieu de la contestation anti-gouvernement, devant des forces de l’ordre fermes, qui ne pensent pas deux fois pour disperser tous rassemblements non autorisés.
Certes, le large mouvement de protestation dirigé contre le gouvernement et son Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a faibli et les tensions ont baissé dans le pays, mais les contestataires n’ont pas encore totalement baissé les bras et tentent de continuer à faire entendre leurs voix notamment dans les villes d’Istanbul, Ankara et Izmir et de manières différentes.
Certains sont allés jusqu’à inventer de nouvelles formes de contestations pacifiques, comme le cas de ce chorégraphe turc qui s’était introduit un lundi soir dans la place Taksim, après son évacuation par les forces de l’ordre, pour se mettre debout et muet les yeux accrochés au centre culturel d’Ataturk pendant des heures.
Cette action inédite s’est propagée comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. Elle porte désormais le nom de “Duranadam” ou “l’homme au arrêt” sur Twitter, qui a été assailli de message de soutien à cette nouvelle forme de manifester, qui ne se limite plus à la place Taksim, mais qui gagne toute la Turquie.
Outre cette nouvelle forme de contestation, les irréductibles envahissent de temps à autre la place mythique de Taksim et d’autres places à Ankara et Izmir, scandant des slogans hostiles au gouvernement turc et à son Premier ministre, accusé de “dérives autoritaires”.
A chaque fois les forces de l’ordre répondent présents et dispersent les manifestants notamment à coup de canon à eau et gaz lacrymogène, donnant un sens réel au discours ferme des autorités turques, le chef du gouvernement en tête, qui déclare à chaque fois que les rassemblements de protestation sont désormais interdits dans les places publiques.
Après l’intervention policière de samedi dernier dans la place Taksim et ses environs pour repousser de centaines de protestataires venus manifester leur mécontentement de la politique du gouvernement jugée “trop conservatrice”, les forces de l’ordre ont usé encore une fois dans la nuit de mardi à mercredi de gaz lacrymogène, tant décrié aussi bien en Turquie qu’à l’étranger, et de canon à eau pour disperser des manifestants rassemblés en plein centre de la Capitale Ankara (centre) et à Izmir (ouest).
Vingt-neuf personnes ont été arrêtées par la police anti-émeute lors de ces deux interventions, dont seize à Ankara et treize à Izmir, apprend-on de source officielle turque.
Ces arrestations viennent s’ajouter aux autres menées dans le cadre d’une opération contre les “faiseurs de troubles” identifiés par les caméras de surveillance, alors qu’ils “agressaient des agents de police” notamment à coups de jet de pierres ou de cocktails Molotov, et détruisaient des biens publics et privés.
Les autorités turques accusent ces personnes d’appartenir à des “organisations terroristes”, notamment de l’extrême gauche turque, accusées d’agression contre les forces de l’ordre et de destruction des biens publics lors des manifestations.
Hier mardi, la police turque a procédé dans la Capitale Ankara à l’arrestation de 21 personnes en liaison avec le mouvement de contestation dirigé contre le gouvernement du Parti de la Justice et de Développement (AKP – issu de la mouvance islamiste).
Ce coup de filet de la police turque à Ankara, intervient une semaine après un autre mené dans la mégalopole d’Istanbul où une cinquantaine de personnes ont été arrêtées.
Selon la police turque, la plupart de ces personnes appartient au groupuscule MLKP (communiste) et au Parti socialiste des opprimés (ESP). Elles sont accusées d’attaque contre les agents de la police, notamment par des jets de cocktails Molotov.
Les autorités turques, qui ont toujours avancé la carte de la main étrangère pour expliquer les troubles liés à la crise de “Parc Gezi”, affirment que 27 ressortissants étrangers ont été arrêtés en Turquie dans le contexte de ces troubles.
Sur ces 27 étrangers arrêtés en Turquie, 21 ont été acquittés et parmi ceux qui ont été appréhendés dans les villes d’Istanbul, Ankara et Izmir, cinq ont déclaré être des journalistes.
Les troubles en Turquie ont commencé par un sit-in d’une poignée de militants associatifs, qui protestaient contre le déracinement des arbres du Parc Gezi de Taksim, dans le cadre d’un projet urbanistique, prévoyant notamment la construction à sa place d’un centre commercial, qui a dégénéré, suite à une intervention musclée des forces de l’ordre, en un mouvement de contestation général contre le gouvernement et ses politiques jugées trop conservatrices et menaçant les valeurs de la laïcité.
Au total, ce mouvement a fait quatre morts, dont un policier, et quelque 7.500 blessés, selon l’Association des médecins turcs.
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