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Fès: Experts et universitaires se penchent sur les enjeux macroéconomiques de la Loi de finances 2025
Fès – Des experts, universitaires et acteurs économiques ont analysé, vendredi à Fès, les enjeux macroéconomiques de la Loi de finances 2025 dans une conjoncture mondiale et géopolitique en pleine mutation.
Ces experts étaient réunis dans le cadre d’une rencontre, à l’occasion de la dixième édition de la Caravane de communication autour de la Loi de finances, initiée par le Forum des chercheurs du ministère de l’Économie et des Finances sous le thème “Loi de finances : quel financement des chantiers structurants ?”.
S’exprimant à l’ouverture de cette rencontre, Mohammed Abdellaoui, professeur à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociale (FSJES) de Fès, a analysé les soubassements macroéconomiques et perspectives mondiales de la Loi de finances 2025, estimant que le contexte de préparation de cette loi est marqué par une conjoncture internationale “incertaine, avec des crises géopolitiques et des perturbations climatiques”.
La résilience de l’économie mondiale est portée par une croissance vigoureuse aux Etats-Unis et une reprise naissante dans la zone euro, a-t-il expliqué, faisant état d’une stabilisation de l’inflation (2,4 % aux Etats-Unis et 1,8 % en zone euro en septembre 2024).
Sur le plan national, a-t-il poursuivi, la Loi de finances 2025 vise une réduction du déficit budgétaire à -3,5 % du PIB, tout en reconstituant les marges fiscales.
D’après ce chercheur, les hypothèses macroéconomiques tablent sur une croissance de 4,6 % en 2025, tirée par une valeur ajoutée agricole en forte hausse (+11 %), bien que des risques subsistent.
A ce titre, a-t-il averti, la sécheresse, la volatilité des prix de l’énergie et un éventuel ralentissement en zone euro, principal partenaire commercial du Maroc, pourraient compromettre ces projections, d’où la nécessité, a-t-il plaidé, du renforcement de l’Etat social, la dynamisation de l’investissement privé, la poursuite des réformes structurelles et la préservation des équilibres macroéconomiques.
M. Abdellaoui a aussi insisté sur la nécessité d’investir dans le capital immatériel pour accélérer l’émergence économique du Maroc, dans un monde façonné par la démondialisation, la décarbonation et le développement numérique.
De son côté, Mohammed Nmili, professeur d’économie et spécialiste en fiscalité, a abordé les ajustements fiscaux des lois de finances 2023-2025 et leur impact sur la justice fiscale horizontale entre capital et travail.
L’universitaire qui s’est attardé sur les effets de ces réformes, initiées après les Assises nationales sur la fiscalité et le cadre législatif de la réforme fiscale, sur ces deux facteurs de production, a traité de leur incidence nominale, telle que définie par les textes, et leur impact réel, en les comparant aux meilleures pratiques internationales.
S’appuyant également sur le rapport du Nouveau Modèle de Développement du Maroc, M. Nmili a questionné l’équité des mesures adoptées et leur impact sur la répartition juste des charges fiscales entre capital et travail, tout en soulignant les enjeux d’harmonisation et de cohérence avec les ambitions économiques nationales.
Fouad Ben Elhaj, directeur du Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur les Dynamiques économiques, la Finance et l’Entrepreneuriat (LIRDEFE), a pour sa part mis en lumière la portée de cette rencontre sur la Loi de finances 2025 comme un catalyseur de débat économique, financier et politique.
Selon lui, cette conférence offre une opportunité unique d’évaluer les mesures destinées à stimuler l’investissement, de faire le bilan des avancées réalisées et d’envisager les objectifs à venir, notamment la création de valeur économique.
Il a souligné que ce genre d’initiative permet aux chercheurs et étudiants de décrypter de près les mécanismes financiers, tout en plaidant pour une analyse élargie aux lois de règlement. Ces dernières, a-t-il précisé, révèlent la réalité des recettes et dépenses publiques, enrichissant ainsi la compréhension des dynamiques budgétaires.
Dans une déclaration à la MAP, le président du Forum des chercheurs du ministère de l’Économie et des Finances, Otman Mouden, a souligné que cette caravane, devenue une tradition annuelle depuis 2015, vise à démocratiser la connaissance et l’information financières auprès de tous les citoyens.
Il a expliqué que l’objectif principal est de décentraliser le débat sur les lois de finances, souvent cantonné à une élite à l’axe Rabat-Casablanca, pour l’étendre à toutes les régions du Royaume.
Cette initiative cherche, selon lui, à impliquer un large éventail d’acteurs, qu’il s’agisse de professeurs universitaires, d’académiciens, d’étudiants, de chercheurs, ou encore de représentants d’associations de la société civile et des collectivités territoriales, favorisant un échange inclusif et diversifié sur les enjeux économiques et financiers.
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